Gilles SEBHAN - Peintures

Gilles SEBHAN
From 2015-02-24 to 2015-03-01

VERNISSAGE Mardi 24 février de 18h à 21h

RENCONTRE - SIGNATURE Samedi 28 février à 16h

La Galerie Frédéric Moisan est heureuse de présenter la première exposition personnelle du romancier et essayiste Gilles Sebhan, auteur notamment de Domodossola ou le suicide de Jean Genet et de Tony Duvert, l’enfant silencieux (Denoël, 2010), ainsi que d’un récit sur le jeune peintre juif Stéphane Mandelbaum, assassiné en 1986. L’événement rassemble plus de cinquante toiles et peintures sur papier dans lesquelles l’écrivain poursuit ses évocations de l’enfance et sa quête d’identité, son questionnement du désir et de la violence, sa réflexion sur la criminalité et le pouvoir aveugle de la loi. C’est dans cette perspective qu’il faut saisir les portraits de Kafka, Proust et Genet en «enfant criminel» - la couverture du livre de Genet sert d’ailleurs de sujet à l’un des tableaux les plus remarquables.

Mais ce qui frappe surtout dans le travail de Sebhan peintre, c’est une suite de jeunes inconnus, cadrés comme sur une photo d’identité, dont le regard semble exprimer quelque chose de mystérieux, reproche, stupeur, d’une intense présence. Il y a à la fois du raffinement et un abrupt dans la manière de Sebhan, qui fait tour à tour songer aux maniéristes, aux primitifs et à l'expressionnisme de Munch.

La solitude des portraits se multiplie dans les grands tableaux qui évoquent le plus souvent une arrestation, scène primitive dans laquelle il serait erroné de percevoir un simple commentaire de l’actualité, même si la toile phare de l’exposition, La rafle, a été peinte en décembre 2014, quelques jours à peine après l’arrestation dans un hammam du Caire d’une vingtaine d’hommes accusés de débauche. On y voit des silhouettes livides se cacher la tête entre les mains sous le regard accusateur d’une gorgone. Et l’on ne peut que songer à Adam et Eve chassés du Paradis. Une autre toile, montrant deux amis se tenant par le bras, fiers et souriants, s’intitule d’ailleurs Eden et semble lui répondre. Entre l’idéal d’un apaisement coloré et l’angoisse d’une disparition se tiennent, fragiles et fortes, les figures de Gilles Sebhan.

Arthur Dreyfus, intime de Gilles Sebhan, écrit au sujet de son œuvre pour l’exposition :
« Écrivain du mystère des garçons, Gilles Sebhan devient peintre et ne change pas de sujet. Gueules de coulisses, visages brûlants, décombres d’enfance : le moindre de ses yeux provoque la stupéfaction. Au diable les toiles : voici des rencontres.
Avec une exceptionnelle puissance graphique, sur les cendres du portrait mondain, l’artiste invente un genre nouveau – un genre bleu-gris : le portrait bandit. »

Un autre écrivain, Alain Blottière, évoque ainsi le travail de Sebhan : ""En Égypte, je me souviens qu'il y a trois mille ans, chacun, outre le dieu de sa ville, vénérait son propre dieu chez lui, à la maison. Il y en avait des milliers, chacun pouvait choisir. Ched, par exemple, figuré sous la forme d'un jeune garçon chassant les animaux malfaisants. Il protégeait ainsi la maison des nuisibles, des venimeux. C'est ainsi que je vois les portraits des garçons de Gilles Sebhan. Nimbés de leur propre lumière, ce sont des dieux, ou des saints. Et ces portraits sont des icônes."