Cadavres NON exquis

Claude BURAGLIO
Du 12/12/12 au 29/12/12

VERNISSAGE MERCREDI 12 DECEMBRE à 18h

Tenir à distance l’image, tel est le défi proposé par l’exposition « Cadavre non exquis » présentée à la galerie frédéric_moisan. Claude BURAGLIO et ses deux acolytes Jo BROUILLON & Franck GARCIA deviennent les acteurs de ce jeu collectif qu’ils revisitent. Pierre Buraglio rapproche « cette pratique de l'improvisation collective qu'elle appartienne au New-Orléans ou au Free-jazz ». « Ces artistes, ces citoyens s'essaient et réussissent dans une certaine mesure à couper court avec l'individualisme - face dévoyée de l'individualité, à provoquer l'échange, la réciprocité. » Août 2009.

Ici, l’image est fabriquée et trafiquée. Claude Buraglio collecte des images des années 30’s qui se retrouvent ensuite isolées, recyclées, évidées, dénaturées. L’image a perdu son sens premier, elle est déchue, délavée. Ce n’est plus le contenu de l’image qui nous retient, c’est un « au-delà » de l’image ; un substrat de vie qui continue à « émettre ». Aussi dans ses lithographies, Claude détourne l’image d’origine. Elle n’en retient que la force d’attraction et nous transporte dans une nostalgie des origines. A ce propos, Stéphane Doré dira de l’image qu’elle est « suffisamment présente, grâce au procédé du collage qui en renforce l’unité, et à son agrandissement qui lui octroie un pouvoir d’attraction visuel important, pour sidérer le regardeur ; Suffisamment inconsistante pour porter en elle le fantôme de l’image d’origine, un quelque chose d’évanescent, qui tout en nous disant que bientôt nous en perdrons la trace, nous la rappelle. » Et il ajoute « Ce refus de se laisser bercer par les ronronnements continu des une se succédant aux autres, ce refus de croire à leurs contenus dérisoires est une attitude que l’on pourrait rapprocher de celle de Manet, qui s’insurgeait contre les poses outrancières des modèles, contre une société bourgeoise qui maintenait artificiellement un sublime, des conventions, des « formes vides ».

Des objets en papier mâché réalisés à partir de journaux israéliens, arabes et français, viendront ponctuer l’exposition : crâne, escarpins et bananes. Pauvreté du matériau et économie de moyens, ces objets de vanité - fétiches ? - entre mythe et symbole, échappent au prosaïque. « … ces opérations étant autant de façons de faire rentrer ces images-là (ou ces objets vus et revus) dans le champ de l’Art ». Pierre Wat, 2003

D’objets ordinaires et d’images empruntées, Claude Buraglio donne naissance à des icônes falsifiées. L’objet ou l’image se prostitue et nous sidère.