Sentiers insoupçonnés

Jacqueline KIANG
From 2012-02-15 to 2012-03-03

VERNISSAGE Mercredi 15 février

La galerie_frédéric moisan est heureuse de présenter la deuxième exposition des œuvres de Jacqueline Kiang. L’artiste a développé une maîtrise des techniques de gravures occidentales et japonaises pour nous offrir des compositions musicales et poétiques. Une quarantaine de pièces – technique mixte – seront réunies pour l’occasion et présenteront un panorama de ces dernières créations.

« Il y a des citations de poètes qu’elle aime, faisant écho à ces autres écritures du tableau que sont ses titres. Ceux-ci, dirait-on, se sont invités d’eux-mêmes, tant ils disent littéralement – à la lettre – le discours secret que le tableau non pas muet mais silencieux retient à fleur de lèvres. Nous sommes peut-être devant une forme de cérémonie très ancienne où le peintre et sculpteur (ce que J.K est aussi parfois) dégage, ou mieux « accouche » de sa gangue trompeuse, l’être de couleurs ou de pierre que sera l’œuvre. Au reste, techniquement, l’artiste travaille autant « par enlever » que par l’ajout de traits, à-plats, fonds, collages et poussière d’étoiles.
L’espace naît ainsi, d’aucune perspective, d’aucune « forme symbolique », par l’évidence picturale plus que par métaphore, sans aucune représentation. Il s’impose par-dessus les contrastes de langage – en particulier, l’insertion de fragments frottés ou gravés, selon la technique des bois hanga à l’aquarelle, apprise à New York avec le maître Ansei Uchima.

Jacqueline Kiang est capable de concilier le vide aveuglant d’un fond blanc, tel un espace de la page, et le trait qui tout-à-coup se développe à partir des interstices et s’éploie librement du côté du dessin improvisé, du notes, du croquis: « enlever » et ajouter, encore. Coller et arracher, abraser, recouvrir.
Pas étonnant que s’ouvrent des fenêtres sur le songe, en un espace autre, où le dormeur serait le spectateur, vous et moi, comme devant des compositions un peu folles de Carpaccio, aux titres semblant s’être imposés, là aussi, à l’insu de l’artiste. »

Jean-Charles Vegliante