Ex-voto contemporains mexicains

Alfredo VILCHIS ROQUE
Du 20/10/11 au 19/11/11

VERNISSAGE JEUDI 27 OCTOBRE

DE LA LAGUNILLA* AU LOUVRE
(* Marché aux puces, Mexico, Mexique)

En 2008, la galerie Frédéric Moisan fait la découverte des ex-voto d’Alfredo Vilchis par le biais de la Maison des cultures du Mondes qui mène depuis 29 ans un vaste travail d’investigation en faveur des cultures étrangères. Dès lors, en mars 2009, une grande exposition est consacrée à l’oeuvre d’Alfredo Vilchis à la galerie. Forte du succès rencontré, la galerie Frédéric Moisan avec le soutien de Mme Arwad Esber, directrice de la Maison des Cultures du monde, présente une nouvelle exposition du peintre de retables du 20 octobre au 19 novembre 2011. L’évènement réunira plus de 130 ex-voto et sera mené conjointement à l’exposition « Le musée-monde » au Louvre.

Alfredo Vilchis est aujourd’hui le représentant le plus talentueux d’une tradition très ancienne, celle des peintres d’ex-votos ou peintre de miracles (« milagros ») comme on dénomme ces petites peintures sur métal déposées par centaines dans les églises mexicaines, collectionnées par Frida Khalo et Diego Rivera. Ces artistes du peuple, souvent autodidactes, réalisent sur commande des oeuvres pour remercier vierges et saints d’un sauvetage miraculeux, d’une guérison inespérée, d’une blessure cicatrisée. Chaque petite peinture, composée d’une image et d’un texte, exprime toute la reconnaissance des humains frappés par des tragédies et sauvés in-extremis par l’intervention de la vierge de la Guadalupe ou d’autres innombrables saints protecteurs. Autrefois la famine, la guerre et la maladie, aujourd’hui la drogue, la prostitution, les enlèvements, le terrorisme, tous les grands et petits malheurs des Mexicains sont délicatement et minutieusement répertoriés. Alfredo Vilchis est ainsi à la fois un confident pour ses commanditaires mais aussi un témoin de son temps quand il fixe avec une habileté sans pareil ces petites scènes où la divinité intervient dans le quotidien. Aux marges de l’art sacré et aux marges de l’art contemporain, le « retablero » incarne pour moi toute la beauté et l’émotion de l’art modeste. J’ai rencontré Alfredo Vilchis en 2000 au marché aux puces de Mexico où il vendait encore ses oeuvres accompagné de ses fils et je suis très fier d’avoir, avec le photographe Pierre Schwartz, simplement contribué à sa notoriété internationale avec le livre « La rue des Miracles » publié en 2003 par les éditions du Seuil.

Alfredo Vilchis a su vaincre l’anonymat des « retableros » (peintres de retables) grâce à son ingéniosité et sa personnalité hors du commun. Je me souviens de ses mots : « c'est un travail très beau mais très douloureux. Il faut le faire avec respect, ce n'est pas seulement pour l'argent, nous sommes des messagers des sentiments des gens”.
Ses présentations à la galerie Frédéric Moisan et au Louvre par Jean-Marie Le Clézio sont une reconnaissance bienvenue pour tous les peintres inconnus qui continuent à tisser ce lien délicat entre le ciel et la terre.
Hervé Di Rosa