Phalanstère, une communauté d'images

Pierre GASTE
From 2010-12-02 to 2011-01-08

Il y a des étendues, des aplats ; géographiquement : étalement du territoire.
Les formes sont présentées verticalement actives : c’est le labeur de la campagne - les plantations, les récoltes, les stèles en hommage -, et la nature qui se dresse devant l’homme - abri et obstacle. Le plan ouvert, infini, est, avec le point de fuite, l’accord ininterrompu avec le divin (les Dieux varient, infinis eux aussi). L’ombre et la lumière tournent autour des formes de la nature. Il y a des singes sur la table, occupés avec des téléphones et des cerises dans des maisons qui n’existent pas. Un lion, de passage, a emprunté trois plumes à un oiseau de Fra Angelico dans un récit improbable de Tabucchi.
Les combinaisons lumineuses sont travaillées autour des verticales, les couleurs pleinement étalées sur les étendues. Côte à côte et parfois s’interpénétrant, elles se recouvrent en glacis pour un effet de vibrations. Les ombres sont solennelles, présentées en hommage constant à la lumière.
Une connaissance pratique « sur le terrain » induit deux types de « réfléchissement » :
- Retour en soi d’une image qui va se transformer sur le plan iconographique en espace pictural.
- Réflexion sur une offre immédiate (l’image paysage) à réhabiliter sous la forme d’une peinture intemporelle.
Et pour le dire en peinture actuelle, même s’il se sert des mots d’hier - la continuité d’une langue des formes -, le contrôle d’une évolution sans artifices et sans critiques, sans remèdes et sans placebos, nous transportant dans la vie en mouvements.
C’est une peinture faite pour la lumière naturelle, éveillée et éteinte dans son large mouvement, pensée et fabriquée pour elle, existant au jour le jour.

Michèle Cointe