Photographies

Laurent Monlaü
Olivier Roller
Linda Tuloup
Du 14/04/10 au 30/04/10

La Forêt de Laurent Monlaü

"Je photographie le chaos apparent de la nature, l’archaïsme prédateur de ces écosystèmes fragiles qui sont la trace visible et poétique des origines de notre histoire. Les images ont été réalisées à Oparara en Nouvelle-Zélande, Pumalin en Patagonie chilienne, Hoh River dans l’État de Washington, Humboldt County en Californie. Chaque paysage est photographié digitalement, détail par détail, bout à bout, puis assemblé numériquement lors d’un long travail de post-production réalisé par mes soins, manuellement et parfois feuille à feuille afin de restituer au plus près le réel observé. Ce travail sur le motif devient un travail d’atelier essentiellement photographique où l’image prend son sens. Cette reforestation végétale ne pourrait pas être effectuée par un objectif photographique englobant toute la scène en une seule fois. La multitude des points de fuite entraîne une distorsion du réel, des perspectives et de la chromie, à l’essence même de l’art baroque : la profondeur dans l’artifice, dont le fruit est la rencontre de la plus haute technologie photographique et d’un monde naturel archaïque."


Les Figures romaines d’Olivier Roller

Les photographies d’Olivier Roller montrent des hommes de pouvoir, des portraits sans arrière-plan ni repère. Seuls les visages envahissent le cadre. Ils sont publicitaires, financiers, ministres ou empereurs romains. Son objectif est de repousser le modèle dans le retranchement de sa fonction pour faire émerger l’identité.
« Au fond, la photographie est cet art dont parlait le cinéaste Robert Bresson :“Sois sûr d’avoir épuisé ce qui se communique par l’immobilité et le silence.” Avec les Romains, j’ai souvent lutté. Ils sont là, posés dans leur spectaculaire puissance, et pourtant cassés, amputés, en un mot vulnérables. J’y vois la quintessence de ce qu’est le pouvoir : un rêve de défier le temps, en sachant que le temps sera le plus fort. L’homme de pouvoir sait qu’il a perdu. »


La Chambre rose de Linda Tuloup

Le protocole est fixe : un lit, une fille, un filtre rouge, la nudité du corps et la lumière du soleil. L’ambiance, délibérément intimiste. Mais l’axe central de son travail se situe ailleurs, en décalage avec cette omniprésence du corps. Il s’agit de mots glissés sur chaque photo, de manière artisanale: « Attends », « Je te veux », «Oui », « Maintenant », « C’est fini ", une altérité voit ainsi le jour en filigrane dans cet univers. S’ils ne sont pas toujours bien lisibles, c’est peut-être parce que Linda aime le flou, le flottement, et plus encore l’entre-deux. Dans ses images, les frontières sont toujours poreuses. Il est difficile de dire s’il est question de fantasmes, d’instants réels ou de moments nostalgiques. Elle dit avoir voulu « parler de l’intimité sans vulgarité, même avec une certaine forme de pureté ». Peut-être est-ce là une clé de lecture de son travail : son souhait de faire des ponts entre des registres relativement antagonistes.