Généalogies

HOU CHUN-MING
MEI DEAN-E
TUNG HUNG
Du 11/03/10 au 10/04/10

Arwad Esber, directrice de la Maison des Cultures du Monde :
"La 14e édition du Festival de l’Imaginaire met particulièrement en lumière la diversité et la richesse de la vie culturelle de Taïwan. L’exposition "Généalogies", en proposant les œuvres de trois grands plasticiens taïwanais qui, chacun selon une approche et une sensibilité particulière, ont exploré le rapport à l’histoire, à la norme - religieuse, artistique, politique - pour, souvent, en transgresser les codes, nous rappelle que l’identité culturelle de l’île n’est pas seulement un héritage du passé, mais aussi un projet d’avenir dont les artiste sont des artisans incontournables".

Chen Chih-Cheng, directeur du Centre culturel de Taïwan à Paris et commissaire de l’exposition :
"Cette exposition propose de poser un regard anthropologique, plus ontologique qu’ethnique, sur trois tendances de la création plastique taïwanaise. Les trois artistes présentés ont en commun d’avoir été déjà remarqués lors d’expositions importantes aux Etats-Unis et en Europe. Ce cosmopolitisme leur permet de mettre en perspective la singularité de la culture taïwanaise tout en soulignant sa présence sur la scène internationale.

Les affinités entre ces artistes ne se situent pas dans leurs modes d’expression, très divers, qui impliquent aussi bien la peinture que la photographie ou l’installation, mais plutôt dans l’esprit qui anime leur travail, le souci de définir une culture propre, la controverse sur la notion de « localité ». Confrontés à d’autres cultures, ces artistes s’interrogent sur l’identité de la culture taïwanaise dans ses dimensions politiques, religieuse, voire jusque dans ses coutumes locales.

Hung Tung est le tenant d’un art brut spécifiquement «taïwanais ». Son style très personnel mêle indifféremment l’architecture, les rituels sociaux, l’opéra taïwanais ou les spectacles de marionnettes qu’il associe à des proverbes et des dictons populaires. Derrière une apparence primitive, ses œuvres témoignent de la vigueur de son talent créateur.

Hou Chun-Ming revisite avec délicatesse et pudeur les formes et les symboles des légendes et des mythes. Tantôt cynique, tantôt poétique, l’artiste livre, non sans provocation, une émouvante confession dans des dessins où la quête d’une autre éthique du corps prend forme.

Mei Dean-E revisite le passé en puisant dans ses collections de photographies de la guerre froide et de la colonisation japonaise. Ses travaux de retouchage de clichés anonymes sont l’expression d’un regard critique sur les multiples facettes de la culture taïwanaise, son penchant régionaliste et une mémoire collective en voie de disparition.

Témoignages passionnants de la diversité de la création taïwanaise, ces visions artistiques révèlent la singularité d’une culture en quête d’une généalogie culturelle plurielle".

> Avec le soutien du Conseil National des Affaires Culturelles de Taïwan, du Centre culturel de Taïwan à Paris et l’appui du Musée des Beaux-Arts de Kaohsiung.