LATENCES

G.Amat|X.Damon|D.Chevalot|J.Taylor| Lucie&Simon
From 2009-02-12 to 2009-02-21

exposition colective proposée par Fet'Art et Solenn Laurent, avec le soutien de DigiGraphie

Avec Guillaume Amat et ses silences capitonnés, Didier Chevalot et ses vides métalliques, Xavier Damon et ses éblouissements, Lucie et Simon et leurs huis-clos étranges, Julien Taylor et ses perspectives réinventées, se dessine une écriture visuelle qui plonge le spectateur dans un contenu latent...
Ainsi, l'exposition interroge les rapports que l'Homme entretient avec le rêve et son prolongement dans l'inconscient. Peut-on vraiment se fier à notre perception ? Les images ouvrent les portes d'univers inconnus et le temps passé à les contempler fissure les confins de l'intime. Au seuil d'un non-lieu, le désir d'évasion nous verticalise. On devine plus qu'on identifie des univers saisis dans un espace-temps annulé, créant des formes d'hallucinations juste avant l'effacement ou le vertige... Il est question d'un entre-deux ; tout est furtif et fixe, existant pour disparaître. Discours des songes et poésie du silence se mêlent, une rumeur s'esquisse : où se sont enfuis nos rêves ? Tout n'est plus que contingences. La vision, sans cesse questionnée, se retrouve prisonnière d'univers-pièges. Le rudoiement créatif des photographes opère une métamorphose, au point d'altérer ou d'oblitérer la réalité. S'érige alors un théâtre des mirages. La perception côtoie l'équivoque. Où sommes nous ? Quelque part... Juste là. Ainsi devrait-on parler d'« Ailleurs » pourtant si familier. Des Ailleurs menaçants ou oniriques, provoquant une forme d'envoûtement, voire d'état « somnambulique ». De ces déserts inconnus s'élèvent les fantômes de nos angoisses. Que demeuret-il derrière ce vide apparent ? L'image nous fait face tandis qu'une force sous-jacente nous retient ; on est happé, dilué entre l'étrangeté et la fascination. L'instable et le doute nourrissent l'intrigue.
Dans ces espaces éphémères, l'être n'est plus qu'incroyable légèreté. Seuls les stigmates du passage de l'Homme nous murmurent encore la présence d'une vie qui fut, subsiste et s'évapore. Espaces transitoires ? Imaginaires ? Ces surfaces sont des miroirs tendus à nous-mêmes, nos doutes et nos rêves.
« Latences», comme le temps écoulé entre le trouble et la connivence...
Solenn Laurent