La vie facile

Magali MARTIJA-OCHOA
Du 08/06/17 au 24/06/17

Pénétrer dans l’atelier de Magali, c’est basculer dans un espace pluriel, à la fois scriptorium hors du temps, cabinet de curiosité(s), boîte à rêves ou officine d’alchimiste. C’est aussi un rare privilège. Car de ces boîtes de couleurs pulvérulentes ou onctueuses, de ces flacons à onguents enivrants, s’échappent de subtiles vibrations qu’on ne voudrait pour rien au monde troubler, tant elles guident l’exploration du monde intime qui sous-tend le travail de l’artiste.

Magali ne fait pas l’art qu’elle veut mais celui qui s’impose à elle, par nécessité intérieure. Par nécessité quotidienne. Ses Carnets, journaux de bord d’une âme naviguant au long cours, nous racontent une vie intérieure – avec son cortège de doutes, de douleurs et de douceurs – à travers le voile protecteur de couleurs en effervescence. S’exprimer sans s’exposer. Mettre à plat sans mettre à nu. Un blanc crayeux ponctué de traces grisâtres nous dit le vide de l’attente, soudain bousculé par le rose vénéneux de la cruauté.

Alex Bret, critique d’art