Metamorphosis

Li-Yeh CHANG
Du 10/05/16 au 21/05/16

VERNISSAGE Mercredi 11 mai de 18h à 21h

Fasciné par les dessins et conscient de son engouement pour l'art dès son très jeune âge, CHANG Li-Yeh a pourtant dû combattre longtemps pour s'y consacrer pleinement. Sous la pression d'un père autoritaire qui jugeait que l'art ne servait à rien, il poursuit ses études universitaires qui ne l’intéressent guère. Tout comme la plupart des jeunes taïwanais de sa génération, il a décidé de ne vivre qu'avec ses pinceaux après avoir accompli ses services militaires, au risque de rompre les relations avec ses parents.

La peinture étant un exutoire pour l'artiste, il n'est pas étonnant de constater dans ses premières créations réalisées dans les années 1990, des traits vibrants sous une teinte assombrie ou très contrastée transmettant des sentiments de colère et de déception, qui se sont notamment révélés à travers les portraits des personnages populaires ou marginaux, méprisés ou ignorés par la société taïwanaise. Ces personnages aux regards figés au loin, ponctués des signes chargés d'histoire et non sans chagrin, reviennent sans cesse dans ses œuvres. Pourrait-on les qualifier comme une sorte d'auto-projection" de l'artiste ?

Une projection intellectuelle peut-être, et psychique surtout. Autodidacte, CHANG Li-Yeh a abordé l'art de peindre à sa manière, se laissant guider par la spontanéité, "tout comme la main tirant le bout d'un tissu, conduisant naturellement à la formation du drapé", selon ses mots. Néanmoins, pendant ses dix ans de carrière de dessinateurs en parallèle à sa vie d'artiste peintre, il se sentait trop fatigué pour répondre aux commandes de la presse imprimée. "Qui suis-je? Que vais-je devenir?" Tout en se posant ces questions, l'artiste a finalement décidé de se recentrer sur lui-même et de se consacrer exclusivement à sa passion, sa propre mine d'or, qu’est la peinture.